Ce matin, il faut prendre de l’énergie pour le Misti !
Je petit-déjeune avec Mirtha puis prends un taxi pour Quechua Explorer, l’agence avec laquelle je monte au Misti, 5830m.
Avant de partir les 2 guides qui vont nous accompagner vérifie que tout le monde a son matériel. Ca prend un certain temps mais bon au moins on sera sûr que tout le monde est prêt !
Sur le coup des 10h on se dirige vers les Jeeps qui vont nous emmener au point de départ de la randonnée.
En chemin mon guide demande à s’arrêter à une petite échoppe où je peux acheter une paire de lunette de soleil (puisque j’ai laissé les miennes à Sangalle dans le fond du canyon de Colca …)
En une petite heure nous arrivons au point de départ. Il va nous falloir 3 heures pour atteindre le camp de base. Soit 1000m de dénivelé (3200m – 4200m)
Nous sommes plutôt un grand groupe, 12 personnes et 2 guides (José, l’expérimenté, et Alex, le jeunot). rapidement les distances s’allongent entre les premiers et les derniers.
La pente de montée est plutôt douce, donc malgré l’altitude ça ne me pose pas de problème, une randonnée comme une autre pour l’instant, sauf que c’est bien un volcan que je suis en train de gravir !
Sur le chemin du camp de base, la végétation est assez basse avec de petits arbustes et des petites fleurs jaunes. Un milieu propice aux insectes malgré l’altitude. Et la taille des insectes est plutôt impressionnante. D’immenses mouches de la taille de gros taons et avec une longue trompe n’arrête pas de tourner autour de moi, et quand elle arrivent à se poser elles tentes de me piquer tel un énorme moustique. Ca n’est pas très agréable, il faut donc accélérer le pas pour ne pas se faire suivre, et faire des grands mouvements de bras pour les décourager de se poser.
En 3 petites heures nous rejoignons le camps de base. Pas d’abandon mais des gens qui ont l’air de souffrir de la montée et de l’altitude.
Il faut donc monter les tentes. J’ai une de 2 personnes mais pour moi tout seul, c’est pour ça que je trouvais le sac un peu lourd ! :)
Bon le résultat n’est pas sensationnel mais sans sardines j’ai du faire avec les pierres trouvées à proximité.
Enfin après je peux admirer la vue depuis la porte de ma tente !
On peut observer le sommet du Misti, la pente semble s’accélérer depuis le camp de base, ça va être costaud cette nuit !
On observe au loin le Pichu Pichu.
Au coucher du soleil, les guides servent le déjeuner. Pas très compliqué, une soupe, des pâtes et du thon avec de la tomate. Ca remplit, il faut de l’énergie pour cette nuit !
19h30 après avoir observé Arequipa de Nuit et le ciel étoilé, je file sous la tente. Demain c’est levé 1h !
La nuit sous tente n’est pas des plus confortable. En plus malgré le sac de couchage en plumes d’oies, je meurs de froid, pourtant je suis tout habillé avec de multiples couches.
1h le réveil sonne, je viens à peine de m’assoupir. On pourra dire que la nuit a été courte !
Le petit déjeuner est servi à 1h30 dans un froid glacial. Si on a le malheur de sortir les mains des gants, ça ne pardonne pas et il faut 10 minutes pour se réchauffer !
Tout le monde rassasié, nous partons à 2h15. José, donne le pas, la montée sera lente mais c’est le meilleur moyen pour que tout le monde arrive au sommet.
Après à peine 150m de montée déjà des personnes se sentent mal. 200m, premiers abandons, un couple de français qui souffre du Soroche. Alex, le plus jeune guide, les accompagne jusqu’au camp de base et remonte aussitôt, tel une viscacha (genre de chinchilla des Andes) il rejoint rapidement le groupe en train de monter.
Doucement mais surement, on se rapproche du sommet. Ca n’est techniquement pas difficile, mais l’altitude se fait sentir petit à petit. Le souffle est là mais l’énergie que peut mobiliser le corps semble réduite à peau de chagrin.
Vers 5h le jour commence à pointer le bout de son nez. Pas d’autres abandons pour l’instant, juste quelques nausées pour certains.
Lorsque le soleil montre entièrement sa face, on peut observer l’ombre du volcan sur la ville d’Arequipa. On est tout petit à côté !
Déjà, nous avons gravi une bonne hauteur et le sommet parait plus proche. Et surtout la ville en bas est riquiqui.
Comme la veille, le groupe s’est pas mal étiré malgré la faible vitesse de montée.
José, un français et moi sommes en tête de peloton. José nous indique que comme nous sommes apparemment bien acclimatés (sous entendu, vous ne peinez pas!) nous pouvons prendre notre rythme pour atteindre le sommet à notre rythme et sans José qui va resté pour le reste du groupe.
Me voilà parti pour accélérer un chouia. Le terrain est un peu plus meuble et donc moins facile à apprivoiser. C’est plutôt un pas en avant, un quart de pas en arrière à cause du sable. Ensuite arrive la partie enneigée, ou plutôt glacée dans laquelle pour avancer il faut loger ses pieds dans les interstices les moins profonds. Ca fatigue quand même plus qu’un terrain dur et avec de l’accroche !
Me voilà enfin arrivé au dernier col (bord du cratère) avant le sommet final. Le sommet semble tout proche, d’ailleurs le français tel un chamois arrive déjà proche du but.
Je préfère prendre mon souffle et me recharger en énergie avant d’attaquer la dernière partie.
Et je fais bien ainsi, car la dernière partie qui ne doit représenter que 150 à 200m est plutôt ardue à monter. En effet, la terre a peu d’accroches et la pente s’accélérant je glisse à de nombreuses reprises, regardant les flancs du volcans et espérant que je ne dégringole pas de plusieurs dizaines de mètres !
J’ai de plus en plus de mal à monter, cette portion m'en fait baver !
Le sommet, s’approche mais n’est toujours pas là.
Enfin le terrain s’aplanît, j’observe deux croix, le sommet !
Arrivé au sommet à 5830m, le vent saisit par sa fraicheur, et de toute façon la fatigue m’invite à m’étaler sur le sol. On y sent moins le vent mais il fait frisquet tout de même.
Mes esprits repris, j’en profite pour prendre quelques photos.
En contre-bas, le cratère du Misti veille, et ses relents de souffre rappellent qu’il est bien actif malgré son apparente quiétude !
Le Chachani, le volcan voisin apparait tout petit alors qu’il dépasse les 6000m.
Enfin, près de 45 minutes plus tard le groupe fait son apparition.
C’est l’occasion de me faire prendre en photo au sommet.
José, me raconte que tous les ans une couse part d'u centre d’Arequipa avec pour destination le sommet du Misti.
Sacré dénivelé !
Le froid saisit et je décide de commencer à redescendre, au moins pour m’abriter du vent.
C’est beaucoup plus rapide car le chemin passe par des parties de cendres / sable qui permettent de se laisser facilement descendre.
Bon il faut tout de même faire attention car on peut déclencher des coulée de cendres qui peuvent nous rattraper à la descente.
En bas du sommet, au bord du cratère, les couleurs varient du jaune au rouge. Un paysage entre lunaire et martien. :)
Le coin est beaucoup plus chaud. Je retrouve le français qui était redescendu beaucoup plus tôt, mais aussi le brésilien qui n’a pu arriver au sommet.
La descente s’annonce longue.
Car descendre 200m dans le sable c’est facile, mais au total plus de 1600m en dénivelé jusqu’au camp de base là c’est plus compliqué car les genoux en prenne un sacré coup !
Et ils me le font vite savoir. Je prends donc mon temps pour rejoindre le camp de base. Doucement, mais surement ! :)
Il ne faut pas plus d’une heure et demi pour rejoindre le camp. A la différence de la montée, je suis à la traîne dans le groupe. Mais qu’à cela ne tienne !
Il faut alors préparer le sac et plier la tente, grignoter un peu et hop nous revoilà dans la descente et dans le sable.
Et c’est long, très long, alors que la veille la montée m’avait semblé gentillette, les genoux prient pour que ça passe plus rapidement.
Enfin, j’aperçois le 4x4. A la différence de la 1ère partie, j’arrive dans les premiers, mais je n’attends qu’une chose, m’assoir !
Je suis en eau car en descendant a fait son apparition. Je me change alors rapidement dans le 4x4.
Il faut attendre près de 45 minutes les derniers du groupe;
C’est donc l’heure d’une petite photo de groupe avant de repartir pour Arequipa.
Sur le chemin du retour je discute avec un français (le chamois!). Il est en fait en vacances pour une période indéterminée et cela fait plus d’un an qu’il voyage en Amérique du Sud. Sympa ! Il vit actuellement à Arequipa dans une famille de français venant juste de s’installer au Pérou.
Arrivée à Arequipa c’est l’heure de la restitution du matériel, et hop, je repars à pied pour rejoindre l’appartement de Mirtha. Je ne suis plus à ça près !
Enfin l’heure d’une bonne douche qui fait un bien fou !
Prévoyant de rejoindre prochainement Cusco, j’en profite pour laver mes affaires car j’arrive au bout de mon stock de vêtements !
Ce soir, je sors avec Mirtha et ses amis. Ca n’est pas comme si je m’étais levé à 1h du matin ! :)
On se dirige vers le Sofa Bar, un bar avec une terrasse qui surplombe tout le centre historique. La vue est magnifique. 3 amis de Mirtha la rejoignent.
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On prend quelques verres avant de rejoindre un deuxième bar, le “Déjà Vu” à proximité. Un groupe de rock y est en train de jouer.
Bon, la journée est déjà bien longue pour moi, vers minuit nous quittons le bar et Jessie nous ramène en auto jusque chez Mirtha.
Demain, je vais tenter de manger du “Cuy'”, du cochon d’inde !

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